Vestiges de Notre Dame de Cola

En 1992, des fouilles archéologiques menées sur la site du Clocher-tour ont permis de mettre à jour différents objets en céramique des XVIIème et XVIIIème siècles, dont de nombreux bols et des cruches.

Dans les années 60, un reliquaire, qui daterait du XVIIème siècle, a été découvert dans la chapelle lors de travaux de restauration.

Ce reliquaire est le témoin du renouveau de ferveur religieuse de la part des carrossois pour le site Notre-Dame des Selves au XVIe siècle, après deux siècles de délaissement. C’est une trace de ce nouvel élan culturel.

Collections de monnaies (XVIe-XXe siècles)

Le lot se compose de 11 pièces de monnaie dont huit françaises et trois savoyardes découvert lors des fouilles archéologiques menées à la chapelle des Selves en 1996.

Collection de sceaux Fin XVIIIe siècle (copies).

Lot de six copies de sceaux réalisées par l’atelier des sceaux des archives nationales.

Trésor de Cimiez VIIe/VIIIe siècle

Une partie de ce trésor fut acquise à Vence en 1851 et 1914. Un autre trésor fut acheté en avril 1856 à Cimiez, mais il semblerait qu’il complète celui de Vence. L’ensemble fut légué par A.MOREL-FATIO au cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale de Paris en 1887. D’autres monnaies du lot de Vence sont passées au comité de Clapier à Marseille, à M. MORIN, à Lyon et ont été depuis offertes au musée de Lyon. 

La masse principale des deniers a été émise à Marseille, le reste à Vienne, Châlons, Clermont, Le Puy, Poitiers, Tours, Orléans, Paris. 

L’ensemble du trésor comprend 830 monnaies. Ces deniers sont tous en argent. 80 d’entre eux sont des sceattas frisons (peuple germanique) dont plusieurs offrent sur une face un masque humain, et sur l’autre, un griffon regardant en arrière, dont la queue trifidée touche la gueule largement ouverte, cependant qu’il ramène vers son ventre sa patte antérieure griffue.

Trésors de l’église

On entend traditionnellement par « trésor » d’une église, l’ensemble d’objets destinés au culte conservé par la paroisse. Il s’agit de reliques, de calices, d’ostensoirs, de ciboires… Ces objets intéressants d’un niveau artistique et entant que témoignages de la vie religieuse passée, ne sont pas souvent accessibles au regard du grand public. Ils ne sont visibles souvent qu’à l’occasion de cérémonies religieuses. Ainsi, à Carros, on peut apercevoir lors de processions le buste reliquaire de Ste Colombe ou encore le calice dit « de Godeau » durant certaines messes. Une réflexion est aujourd’hui menée pour que les nombreux objets qui constituent le « trésor » de l’église de Carros soient un jour visibles.

- Le buste reliquaire et l’autel de Saint-Claude :

Ouvrage en bois sculpté doré et peint, représentant l’évêque St Claude qui tenait initialement une crosse dans sa main gauche, crosse aujourd’hui disparue. La 1ere trace sûre de ce reliquaire remonte à 1771, date à laquelle l’Evêque Jean Cairol de Madaillan en visite à Carros évoque sa présence à l’intérieur de la chapelle des Pénitents blancs. Le prénom Claude étant très fréquent chez la famille Blacas, seigneur de Carros, cela expliquerait le choix de ce saint par le seigneur d’alors, Claude Blacas qui en 1755 aurait offert ce buste reliquaire à la confrérie. L’autel en bois sculpté, n’était à priori pas destiné initialement à accueillir le buste. Il faisait simplement partie du mobilier de la Chapelle des Pénitents Blancs, et aurait ainsi été déménagé dans l’église après la Révolution. C’est à ce moment qu’il aurait servi à recevoir le buste.

- La croix reliquaire de St Jean Baptiste : 

Ce reliquaire est en bois sculpté, avec une poignée de fer à l’arrière pour la présenter. La partie haute est constituée d’une croix de Malte contournée de fleurs de lys et couronne fermée. La présence de la croix de Malte s’explique en partie par la grande implication de la famille de Blacas au sein de cet ordre. Deux des trois faces de la console qui forment sa base comportent un médaillon en métal aux armes de Monseigneur Pisani de la Gaude, évêque de Vence (1784-1801).

- La grande croix reliquaire :

En bois sculpté et doré, cette grande croix de 78 cm de haut pour 37 cm de large est creuse et fermée par des lames de verre formant de très nombreuses petites logettes où sont disposées autant de reliques diverses comme une parcelle du roseau du Christ ou encore une épine de la couronne.

- Le ciboire dit « de Godeau » :

Antoine Godeau a été évêque de Vence de 1638 à 1672. Il visita trois fois la paroisse de Carros, en 1654, 1664, et 1670. C’est lors de sa deuxième visite qu’il a offert à la paroisse ce calice avec un ostensoir et un ciboire. Sous le pied du calice il fit graver ses armes. Il s’agit d’un objet en argent repoussé.

Vous pouvez consulter le détail des autres pièces non mentionnées sur cette page en allant sur la rubrique travaux des étudiants, inventaire du patrimoine ville de Carros, patrimoine religieux p97.

Trésor épigraphique

Témoignage privilégié de la vie de la communauté humaine de l'époque Gallo-Romaine, les inscriptions nous révèlent de précieuses informations, proposant un début de réponse à certaines interrogations, mais rappelant le plus souvent aux chercheurs qui s'intéressent à la période antique combien ils doivent savoir faire avec peu d'informations. De nombreux témoignages épigraphiques d'époque sont recensés sur la commune. Si quelques inscriptions identifiées il y a longtemps ne sont plus localisés actuellement, la majeure partie fait maintenant l'objet d'une attention particulière. La sollicitude de chercheurs, la collaboration du Laboratoire d'Archéologie de l'Université de Nice, ont permis de commencer à apercevoir la réalité de la vie des Hommes qui vivaient durant l'antiquité sur le territoire actuel de notre commune. On a pu ainsi déterminer que la communauté urbaine Gallo-Romaine de Carros antique, le " Vicus lavaratensis ", a connu une importance certaine, en tant que partie du territoire de Vence, et ce, dès les premiers siècles de notre ère (IIe siècle).Cette communauté possède alors une administration municipale et des duumvirs ; des citoyens de souche locale accèdent à la citoyenneté romaine et parviennent même à de hautes fonctions administratives comme la Préfecture de province alpine ; d'autres personnes, d'une grande renommé y séjournent, comme un " Jurisprudens " (conseiller juridique renommé). Les quelques inscriptions choisies ci-contre ne prétendent aucunement proposer un exposé démonstratif aux problématiques que nous venons de soulever, cependant elles peuvent permettre une première prise de conscience de l'intérêt du patrimoine épigraphique existant et potentiel de notre commune.

 

Inscription de l’urne cinéraire du cimetière

Inscription sur une pierre servant de socle à une croix située à l'extérieur du mur du cimetière du village, face au parc de la "Villa Barbary".

Proposition de transcription

D M 

M.ENNIO.MARCIAN 

O.ET.MAMILIAE.MA 

RCIAE.VIVENTI.M. 

ENNIVS.QUADRA 

TUS.ET.ENNIA.MARCI 

ANA PARENTIBUS 

CARISSIMIS 

POSSVERVNT.P.O.B.

Traduction proposée :

Aux dieux Mânes Marcus Ennius Quadratus et Ennia Marciana Ont, de leur vivant, placé ce monument pour leurs parents chéris Marcus Ennius Marcianus et Mamilia Marciana, encore vivante, en souvenir de leurs bienfaits. 

A leur père excellent qui a bien mérité

Fragment d’inscription funéraire du chevet, Notre-Dame des Selves. 

Lieu de conservation : Archives municipales

Le monument d’origine, support de l’inscription épigraphique est difficile à déterminer (cippe, autel, ossuaire, urne cinéraire double), en raison de l’état de conservation des fragments. Il pourrait s’agir d’un fragment d’autel ou d’un ossuaire simple voire double.

Transcription proposée (P. ARNAUD) :

M(arco) Ennio M(arci) f(ilio) Qua]drato, q[ui vixit a(annis) tot , m(ensibus) (septem), d(iebus)([viginti), L(ucius) E[nnius -----TV[---

Traduction proposée (P. ARNAUD) :

« À [Marcus (?) Ennius (?) Qua)dratus, [fils de Marcus(?), qui [a vécu é années], 7 mois, 20 jours Lucius E[nnius ---] »

 

Inscription sur urne cinéraire double, Notre-Dame des Selves. 

Lieu de conservation : Centre International d’Art Contemporain, CIAC Château de Carros, Place du château, 06510, Carros.

Transcription proposée (P. ARNAUD) :

TEXTE A

…]RETDEC V[int

….]XIII L VINICIUS

secun]DUS ET MAIO

rana]FILIO ET VINI

cius Sec]UNDINUS

fratri] PIENTISSIMO TEXTE B

VINICI PU[den-

TIS SOLAC[ium

DOLORI[s sui

VIVA SIBI[fecit

Développement (P. ARNAUD) :

A : [-Vincio Pudenti] / [sac]er(dotali) et dec(urioni) V[int(iensi) / [ann(orum) XX ( ?)XIII L(ucius) Vinicius / [Secun]dus et Maio[rana] filio et Vini[cius Sec]undinus / [fratri ?] pientissimo. 

B : --- uxor]Vinici Pu[den]/tis solac[ium] / dolori [s sui] / viva sibi [fecit].

Traduction proposée (P.ARNAUD) :

A : À [Vinicius Pudens] prêtre et décurion de Vintium, (décédé à l’âge) de 33 (?) ans. L. Vincius secundus et Maiorina à leur fils, et Vinicius Secundinus à son frère (?) très pieux.

B : [---, épouse] de Vinicius Pudens, a érigé ce monument de son vivant pour elle-même comme une consolation à sa douleur.

 

Inscription de la chapelle des pénitents blancs.

Cette inscription, située sur une pierre de réemploi, se trouve sur la façade d'un bâtiment du village appelé "chapelle des pénitents blancs" ou encore "chapelle St Christophe". 

Relativement détériorée, la pierre a, de plus, malheureusement été percée par un collier de fixation lors de la pose d'une canalisation.

 

Clocher-tour - Pierre réutilisée :

Proposition de transcription :

…CLAVD… 

…VIVS.Q(UIN)Q(UENNALIS) 

…MVC CV …

Cette inscription figure sur une pierre réemployée dans la structure du bâtiment appelé " Clocher-Tour " qui se situe à l'intérieur du cimetière du village " Le texte témoigne de l'évergétisme local, et de la vie de l'administration municipale, avec l'évocation de la construction d'un bâtiment public à l'initiative d'un magistrat local.

 

Clocher-tour - Pierre au sol

La pierre où l'inscription est gravée est déposée à l'intérieur du bâtiment appelé " Clocher-Tour " qui se situe dans le cimetière du village.

Ce texte est une dédicace funéraire faite à la mémoire d'un personnage qualifié de " JURISPRUDENS ". Cette inscription présente un intérêt particulier dans la mesure où, pour l'ensemble de l'espace couvert par l'administration impériale romaine, on ne connaît actuellement que très peu de mentions de personne portant ce qualificatif, et dans l'état actuel des connaissances, on peut simplement dire qu'il s'agirait d'un éminent spécialiste du droit.

Proposition de transcription

FIL(IO)QU[---] /[---]QUI VIXIT.A(NNIS) 

X[L(ou C) ---]/[---] HONESTAE MEMORIAE -- 

-]/[---E/T 

IVRIS PRUD[ENTI---]/[---]OMOS [---]/[---------]

Inscription du fragment de linteau « COHO ».

Inscription :

… IIIII. COHO. PR. T…

Transcription proposée :

(… M) ILITI COHO (RTIS) PR (AETORIEA ?)/R (…).

Traduction proposée (P. ARNAUD) :

[Aux dieux Mânes. A Lucius Va]lérius Pater[nus, soldat de la première cohorte prétorienne, [« a quaestion]ibus » du préfet (…).

Avant d’être conservée au château, la pierre servait de seuil à la porte du cimetière. L’inscription concerne un citoyen romain, ancien soldat des Cohortes Prétoriennes, les gardes de l’Empereur. Ce personnage a également été élevé au rang équestre, l’ordre des chevaliers romains, commença une carrière administrative ou militaire et accéda à de hautes fonctions

Inscription du banc. 

Cette inscription est gravée sur une pierre qui a été réutilisée en banc, devant le four municipal du village.

Il s'agit probablement d'une dédicace funéraire.

Proposition de transcription

ET DOMITIA.PAVLA.PAR(ENTIBUS)F(ECERUNT)…

Traduction proposée :

« …et Domitia Paula firent à leurs parents… »