Noune JUDLIN

Noune Judlin, de son vrai nom Germaine Clergue, est née à Carros le 12 janvier 1891. Elle est la fille de Pierre Emmanuel Clergue, avocat et maire de la commune, et de Jeanne Mauran. Très attachée à sa ville et à la Provence, Noune Judlin a rédigé de nombreux ouvrages tout au long de sa vie. C’est une femme qui s’intéresse au théâtre, à la poésie, à la littérature. Elle admire les grands auteurs qui ont eu un destin hors du commun comme Paul Verlaine et François Villon. Elle les associe dans son ouvrage « Coume finiguè Mèstre Francès Villon » en 1930. 

En 1937, elle publie « Er de flahutet », un recueil de cinq chansons, illustrées par Lucienne Guigou. En 1942 elle reçoit le Grand Prix des Jeux Floraux septénaires du Félibrige. Sa nouvelle, « Sara la brune » publiée en 1948, est illustrée de bois gravés d’Henri Pertus. Un de ses plus grands succès fut « Les lys dans la tempête », un roman historique qu’elle a écrit en 1960.

Noune Judlin s’entourait de personnes qui aimaient la littérature et la culture provençale. C’est pourquoi, elle a travaillé avec Francis Gag pour l’adaptation en langue niçoise et à la mise en scène au théâtre, de sa fantaisie médiévale « Sègne Blaï e Guilhaumeta ». Elle a aussi travaillé avec Xavier de Fourvieac qui a rédigé un dictionnaire provençal. Charles Maurras a écrit plusieurs préfaces dans ses ouvrages.

Noune Judlin a vécu dans sa cabane de gardian en Camargue et dans sa propriété de Carros. Et c’est un jour de printemps, le 20 mars 1987, que Noune Judlin s’est éteinte à l’âge de 96 ans dans son village qu’elle aimait tant.

Biographie : Oriane MONDOLONI, stagiaire au service Patrimoine de la Ville de Carros en 2012.

Octave-Denis-Victor GUILLONNET

O.-D.-V. Guillonnet, peintre, affichiste et illustrateur, entre à l’atelier de Lionel Royer à l’âge de quatorze ans et expose rapidement au salon des artistes français où il reçoit à seize ans une mention honorable puis une médaille d’argent et une médaille d’or les années suivantes. En 1900, il obtient la médaille d’argent à l’Exposition universelle. Durant sa carrière, il est décoré de la légion d’honneur et reçoit la bourse nationale des voyageurs pour effectuer un voyage d’étude d’un an en Algérie. Membre du jury de l’École des Beaux-arts, ses œuvres sont exposées au musée d’art moderne de Paris, musées de Nantes, Laval, Roubaix, Bordeaux, Orléans, Rennes, Rouen… Il a également réalisé de nombreuses décorations (hôtel de ville de Paris, mairie du XVe arrondissement) notamment à l’étranger à partir de 1925 (Rio de Janeiro, Sao Paulo, Buenos-Aires, Mexico). Ami de la famille Judlin et de Derain, Matisse et Bonnard, Guillonnet s’installe à Carros dans les années 1920 jusqu’à sa mort en 1967 et est enterré au cimetière de Carros village. L’ancienne forge du Château dont le bâtiment est aujourd’hui occupé par le resturant « La Forge », les logements des restaurateurs et l’atelier de l’artiste Carrossois Dominique LANDUCCI, était durant les années 30 son ancien atelier. C’est dans cet atelier que l’artiste a réalisé les 48 tableaux pour la décoration du ministère du commerce à Caracas au Venezuela.

Biographie : LANDUCCI Dominique, « Le peintre O.-D.-V. GUILLONET », Bulletin officiel de l’Association de sauvegarde des sites et monuments de Carros, n°25, 1990.

André VERDET (Site Médiathèque)

Né à Nice, André Verdet passe une enfance heureuse à Saint-Paul-de-Vence chez son oncle et sa tante. Il publie son premier poème en 1935. Dès lors, il ne cesse d’écrire. Il publie son premier livre Histoire Originale de Saint-Paul illustré par Jean Cassarini en 1938. En 1941, il rentre dans la Résistance au mouvement "Combat" dont il est un membre très actif jusqu'à son arrestation et sa déportation en 1944. Libéré en 1945, il retrouve Jacques Prévert avec qui il s’est lié d'amitié. Ils publient ensemble Souvenir du Présent. 

André Verdet devient le poète de l'amour et de la Haute-Provence (sentiment du cosmique). Il publie son premier roman La nuit n'est pas la nuit en 1947 et rencontre, dans les années qui suivent, nombre de futurs amis et compagnons de travail comme Picasso, Atlan, Léger, Braque, Chagall ou Kijno. Dès 1957, il expose régulièrement en France et en Italie. La période des "Paysages de Provence" va de cette année jusqu'en 1960 et la série des "Idoles", inspirées des rochers de son pays (sortes de divinité solaires et nocturnes), de 1960 à 1964. En 1961, sous l'influence de Picasso, il réalise ses premières céramiques à Vallauris, chez Madoura. 1962 est une année très créative puisqu'il débute la série des "Ciments", puis celle des "Visages sacrifiés" marqués par le passage dans les camps nazis et qui préfigurent les "Masques" (1980). Il publie en 1963 la Vallée des Merveilles qui influence son œuvre peinte. A partir de cette date jusqu'en 1966, il crée la série des "Vitrifications" qui l'amène à sillonner l'espace mentalement et annonce les "Cosmogonies" (formes stellaires et poésie du ciel) de 1973. Il publie en 1975 le recueil de poésies Le ciel et son fantôme et réalise son premier disque en 1980 : Picasso-Blues. De 1985 à 1989, il écrit régulièrement des textes et préfaces sur des artistes contemporains et se produit avec le groupe musical Betelgeuse. 

En 1992, une rétrospective est consacrée à André Verdet au Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de la ville de Nice ainsi qu'en 1999 au Centre International d'Art Contemporain (C.I.A.C.) de Carros. Suite à cette exposition, André Verdet décide de faire une importante donation à la ville de Carros : un certain nombre de ses œuvres sont désormais conservées au C.I.A.C. et de nombreux ouvrages de sa collection personnelle, parmi lesquels de remarquables livres d’artiste sont conservés à la Médiathèque qui porte son nom depuis 2003.

Dominique LANDUCCI (Site D.L)

Dans le grand concert du monde des artistes contemporains, Landucci existe avec force et conviction : en effet, il a construit en vingt -cinq années de pratique, un univers indépendant, hors les écoles, les modes… Pour lui, la peinture est une nécessité, une respiration. Il est à mes yeux un passeur de rêves. Sa peinture bouge, oscille en fonction des lieux et des amitiés qu'il rencontre au gré de ses pérégrinations. Musicien, il transporte aussi son violon, son accordéon, comme un véritable baladin, loin des lieux traditionnels de la diffusion de l'art (théâtres, musées, galeries…).Qu'il s'installe sur une place de marché de village, devant un mur bétonné, et en quelques heures il transforme ces lieux en espaces magiques. J'apprécie aussi son contact direct avec le public qui rend sa pratique artistique plus humaine. Avec lui, l'art est heureux, car il parle au cœur des gens.

Biographie de Frédéric Altmann

En vitesse, et en vrac : naissance à Nice en 1955 de parents italiens immigrés. Enfance dure peut-être, rude à coup sûr, mais heureuse sans doute. Très vite, il veut prouver, aux autres, donc à lui-même. Se coltine déjà avec la vie. Déménageur. Côtoie Picasso mort, lors de l'inventaire de sa succession. Choc de la peinture. Bocage vendéen : terre inconnue et hostile. L'Ecorserie, le Bois Buzin. Apprentissage, peinture, musique, galères. Années difficiles mais essentielles. Et puis Martine toujours là, présente dans son absence même. Les enfants arrivent : le soleil est entré en hiver comme au fond de la nuit. Alors, tout peut arriver. Il commence à montrer son travail, le succès montre son nez. Reconnaissance. Landucci devient enfant du pays, la Vendée ne veut plus le lâcher. C'est à ce moment là qu'il décide de partir, de repartir ver le Sud, pour éviter d'être statufié. Il s'installe à Carros, le village de son enfance. Depuis, il court, anime, peint, écrit, expose, se fait danseur de claquettes, conteur, monte des projets, s'y investit, dort peu et n'importe où, parcourt le monde et montre ses toiles : Paris, Allemagne, Suisse, Italie, New York, mais aussi la Vendée (toujours). Tourbillon qui donne le vertige, énergie vorace : les séries de toiles se succèdent, fresques, décors de théâtre, performances, musiques, violon, accordéon, livres, albums…

Boulimie, démesure, diront certains. En tout cas, une vie pleine à craquer mais qui toujours suit une logique : celle de la passion, du désir incessant de créer, de montrer, de rencontrer.

Biographie de Philippe Roy

Anne MADDEN

Née de parents irlandais et anglo-chiliens, Anne Madden fait ses études à Oxford et à Chelsea School of Arts and Crafts à Londres. C’est l’expressionnisme abstrait américain qui l’attire. Elle rencontre et elle est l’amie de nombreux peintres célèbres dont Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Joan Mitchell avec qui elle échange son travail. Anne Madden commence à exposer dans les salons de Londres et de Dublin à 18 ans. Elle rencontre le peintre irlandais Louis Le Brocquy durant cette période. Ils se marient avant de s’installer définitivement à Carros pour y vivre et y travailler. Le travail de l’artiste est représenté dans de nombreux musées dont : Le centre National d’Art Contemporain Georges Pompidou, La fondation Maeght de Saint Paul, le musée Picasso d’Antibes, le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution de Washington D.C., le Neuberger Museum de New-York, l’Irish Museum of Modern Art de Dublin, le Hugh Lane Municipal Gallery of Modern Art de Dublin, l’Ulster Museum de Belfast.

Anne Madden : Empyrius – 1999

Inspirée par la méditerranée, la peintre irlandaise Anne Madden a créé cette œuvre spécialement pour la salle voûtée du château dans laquelle sa toile monumentale a été marouflée (1999).

hunoldHans Hunold (1939-2009)

Née à Zurich, il y fréquenta l’Ecole des arts appliqués. Il était peintre, sculpteur et graphiste. Il était connu pour sa conception artistique des bâtiments publics.

Hans Hunold : Douze stèles – 2000

Devant la place du château, l'artiste suisse Hans Hunold (1939-2009) a implanté cette "troisième tour" constituée de douze vagues en verre acrylique et bois peint (2000).